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Pourquoi et comment François Ier montra ses fesses à Charles Quint ?

Par Armelle Pape Van Dyck | Publié le 05/11/2020 à 08:17 | Mis à jour le 05/11/2020 à 12:20 
 
Madrid offre d'innombrables recoins insolites qui regorgent d’anecdotes plus ou moins chargées d’histoire. Nieves Ugalde Brochon, Guide-conférencier, en a choisi quelques-unes et nous fait découvrir un profil différent d'une métropole toujours surprenante.


La tour et maison des Lujanes constitue probablement le plus ancien bâtiment civil de Madrid datant du XVe siècle, situé Plaza de la Villa, à quelques pas de la Puerta del Sol. Le roi de France François Ier, qui était le pire ennemi de l'empereur Charles Quint, a été capturé à la bataille de Pavie et emprisonné pendant un an dans la Tour des Lujanes avant d’être transféré à l'ancien Alcazar.

François Ier était le prisonnier de luxe de Charles Quint et on lui a donc demandé une rançon de luxe ! Comme la somme était si élevée, il accepta d'offrir ses deux jeunes fils en échange de sa libération (son fils, le futur roi de France, Henri II, a été très marqué par les années qu'il passerait en prison à Madrid).

On raconte qu'au moment de sa libération, Charles Quint attendait du roi de France qu'il reconnaisse sa défaite et s'agenouille devant lui. François Ier ne voulant pas subir une telle humiliation, Charles Quint envoya des ouvriers pour abaisser la hauteur de la porte de sortie afin de forcer François Ier, qui était très grand, à se pencher en partant. Mais le roi de France, qui avait bien compris le stratagème de Charles Quint, sortit à reculons, en montrant son derrière au monarque espagnol !

Le fantôme de Casa America

Par Armelle Pape Van Dyck | Publié le 29/10/2020 à 10:02 | Mis à jour le 30/10/2020 à 09:33

 

Madrid offre d'innombrables recoins insolites qui regorgent d’anecdotes plus ou moins chargées d’histoire. Nieves Ugalde Brochon, Guide-conférencier, en a choisi quelques-unes et nous fait découvrir un profil différent d'une métropole toujours surprenante. Premier chapitre : le fantôme de la Casa América...

Avant de devenir Casa América il y a presque 30 ans, ce magnifique bâtiment qu’il est possible de visiter, était à la fin du XIXe siècle le palais des marquis de Linares. Le jeune marquis, José de Murga, avait épousé en cachette, et contre l’avis de son père, une roturière, Raimunda Osorio y Ortega, qui s'avérerait en fait être sa demi-sœur. Le destin avait en effet voulu que les deux frères se rencontrent et tombent amoureux. 

Après la mort du père de José, les époux découvrent avec effroi leur véritable parenté, semble-t-il grâce à une lettre laissée par le vieux marquis à son fils. C'est ici que commence la tragédie des marquis de Linares et la légende qui, même aujourd'hui, n'a pas été complètement éclaircie. Le pape Léon XIII avait accordé au couple incestueux une bulle qui leur permit de vivre sous le même toit, mais dans la chasteté. Il semble cependant que le mal était déjà fait… 

Les marquis, José et Raimunda, ont ainsi déclaré dans leur testament qu'ils n'avaient pas d'enfant. Mais, si c’est le cas, à quelle fin avaient-il ordonné de construire une maison de poupée dans le jardin de la luxueuse demeure ? C'est à ce moment qu'apparaît la figure presque spectrale d’une petite fille appelée aussi Raimunda. Qui était-elle ? Le fruit d'un mariage incestueux dont la fin tragique est restée un mystère ?

En effet, certaines théories affirment que la fille de Raimunda était née difforme à cause de cette relation incestueuse. Cependant, la version la plus répandue de l'histoire dit qu'après avoir découvert qu'ils étaient frères, les marquis de Linares auraient décidé de tuer leur propre fille qu'ils considéraient maudite. Aurait-elle été emmurée dans l’une des pièces du palais de Linares lui-même ? Ou bien noyée par ses parents et enterrée plus tard dans le jardin du palais ?

Toujours est-il qu’en 1990, un peu avant les travaux de rénovation du bâtiment pour en faire le siège de Casa America, le personnel de nettoyage et les gardiens rapportent des épisodes de bruits étranges et de spectres à l'intérieur de ce palais abandonné depuis des années. Des psychophonies qui disaient : "Ma fille Raimunda, jamais, jamais" ou "Maman, maman, je n'ai pas de maman" sont même enregistrées dans certaines pièces, ce qui a suscité une enquête in situ sur les phénomènes paranormaux, mais aucune explication n’a pu être apportée. 
 

Retrouvez d'autres légendes et anecdotes, dans les épisodes suivants

Les maisons à malice

Par Armelle Pape Van Dyck | Publié le 12/11/2020 à 12:13 | Mis à jour le 12/11/2020 à 12:1

Madrid offre d'innombrables recoins insolites qui regorgent d’anecdotes plus ou moins chargées d’histoire. Nieves Ugalde Brochon, Guide-conférencier, en a choisi quelques-unes et nous fait découvrir un profil différent d'une métropole toujours surprenante.

C'est le meilleur exemple du style picaresque du Madrid des XVIe et XVIIe siècles. La population devait alors accueillir les fonctionnaires du roi lorsque la Cour s'installait dans leur ville. Après avoir définitivement établi la capitale à Madrid en 1561, Philippe II proclame une loi qui stipule que lorsqu’une maison à deux étages ou plus, le deuxième étage et les suivants étaient mis à la disposition de la royauté pour loger ses fonctionnaires. Il fallait également les nourrir et laver leurs vêtements.

Pour échapper à une telle servitude, certains propriétaires ont commencé à transformer leur maison de l’extérieur, de sorte qu'un seul étage pouvait être vu depuis la rue et qu'au lieu de cela, il pouvait y avoir jusqu'à quatre étages à l'arrière, cachés des passants. Les Madrilènes ont enfin été libérés de ce fardeau avec la construction de ce qui est aujourd’hui le Cuartel del Conde Duque en 1717.

Une inscription, portant les lettres VG (Visite Générale) qui numérotaient les blocs de maisons à la suite des inspections effectuées par les fonctionnaires de la Couronne (les rues n'avaient pas encore de nom) est encore visible sur quelques façades du centre historique de Madrid. Quant aux maisons à malice, il est encore possible d’en voir quelques-unes entre la rue de los Mancebos et celle de la Redondilla, rue del Conde, rue del Rollo et, mieux encore, d’en découvrir une en visitant le passionnant Musée de la maison Lope de Vega, dans le quartier de Las Letras (visites guidées sur rendez-vous).

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